Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 19 : Dans la foret interdite.

 

            Deux filles de sixième année quittèrent la Salle Commune, au grand soulagement des deux élèves de septième année qui, près de la cheminée faisaient semblant de travailleur sur un devoir de Divination qu’ils devaient rendre deux jours plus tard.

 

            Une fois que les deux sixième année eurent disparut dans les escaliers en colimaçon menant aux dortoirs des filles, James se leva, froissant son parchemin qu’il jeta dans la cheminée où brûlait un feu vif.

 

            « C’est bon, on peut y aller… ! lança James, tout en jetant un bref regard à sa montre, alors que Harry se levait à son tour. Tant que la voie est libre… ! »

 

            Sur ce, il sortit la cape d’invisibilité de sa poche et tous deux disparurent sous l’item magique, après s’être assuré que la pièce était belle et bien déserte, avant de quitter la Tour de Gryffondor. Tous deux parvinrent finalement jusqu’au perron du château. Là, ils enlevèrent la cape que son propriétaire plia soigneusement avant de la remettre dans sa poche.

 

            « Il est vingt-deux heures trente ! annonça James, jetant à nouveau un regard à sa montre. Sirius et Peter ont encore un peu moins de deux heures de retenue… ! »

 

            Harry acquiesça d’un signe de tête et tous deux gagnèrent le Parc, en direction de la masse sombre et menaçante de la Forêt Interdite qui se dressait, de l’autre côté de la vaste étendue de pelouse baignée par la lueur tamisée de la lune qui entamait sa phase décroissante à la suite de la pleine lune de la veille.

 

            Tous deux marquèrent un bref arrêt à la lisière de la forêt et James jeta un regard à Harry qui restait impassible. Le Maraudeur ne put s’empêcher d’être stupéfait par le calme dont son camarade faisait preuve et ne pouvait s’empêcher de repenser à l’inquiétude qu’il avait ressenti la première fois qu’il y avait mis les pieds. Finalement, ils se remirent en marche et s’engagèrent sous le couvert des arbres.

 

            «- Personne, pas même Hagrid, ne connaît la forêt mieux que nous… ! commenta calmement James, au bout d’un moment de marche silencieuse.

 

 - Ah… ! Mais, dis-moi, comment comptes-tu retrouver Sirius et Peter la-dedans ? »

 

            C’était une bonne question…, car James n’avait qu’une vague idée de l’endroit où ils pourraient trouver les deux autres Maraudeurs.

 

            « Quand on est en retenue dans la forêt, Hagrid nous emmène toujours au même endroit… ! » commenta James, s’efforçant de se montrer le plus convainquant possible, même si lui-même n’en était pas totalement convaincu.

 

            Harry acquiesça d’un signe de tête, l’air peu convaincu, et un autre moment de silence s’instaura, alors qu’ils s’avançaient vers le cœur de la forêt, s’enfonçant un peu plus dans ses sombres et menaçantes profondeurs, avec, pour seul éclairage, la pâle lumière émise par leur baguette respective.

 

            James savait, par expérience, que, dans de telles situation, la discussion était la meilleure des solutions pour calmer son angoisse. Quand on a peur, il vaut mieux s’occuper l’esprit en se concentrant sur la discussion… ! Mais, le problème, c’est qu’il ne savait pas trop quoi dire et il en fut reconnaissant à son camarade lorsqu’il prit la parole.

 

            «- Il paraît qu’il y a toutes sortes de créatures aussi dangereuses les unes que les autres ici ? intervint Harry. C’est vrai… ?

 

 - Oui… ! confirma James qui ne put s’empêcher de songer qu’il aurait, tout de même, put trouver un autre sujet de conversation. On y trouve surtout des loups, des licornes et des vampires… !

 

 - Oh, ça promet… ! »

 

            Tous deux replongèrent dans le mutisme.

 

* * * * *

 

            Cela devait faire une bonne heure, au moins, qu’ils marchaient et tous deux ne s’étaient parlé qu’à peu d’occasion, marchant côte à côte. Harry n’avait pas beaucoup (voir même aucun) de bons souvenirs de ses expéditions dans la forêt interdite mais…

 

            Un craquement derrière eux leur fit tendre l’oreille, aux aguets, mais ni l’un ni l’autre ne prononça le moindre mot. Un autre moment de silence s’écoula, alors qu’ils continuaient à s’enfoncer un peu plus dans la noirceur des sous-bois, plus vigilants que jamais. Mais Harry marqua soudain un bref temps d’arrêt lorsque, à la lueur de sa baguette, il aperçut un petit groupe d’araignées qui tentaient, en file indienne, de sortir du faisceau lumineux que l’item magique projetait.

 

            Suivez les araignées !”

 

            Les paroles de Hagrid revinrent à l’esprit de l’adolescent, qui frémit au souvenir de la fosse aux araignées. Non, ils ne devaient pas déjà en être aussi près…

 

            Il se reprit, surprenant le regard en coin que lui adressait James et un autre instant s’écoula, toujours aussi silencieux. Enfin, un silence relatif, perpétuellement troublé par les bruits de la forêt. Tous deux avaient à présent quitté le sentier, avançant, toujours sans un mot, dans l’obscurité, plus tendus que jamais, tressaillant au moindre craquement insolite. Soudain, James s’arrêta, l’air interloqué.

 

            «- Tiens, je ne connais pas cet endroit… ! marmonna-t-il.

 

 - Mais je croyais que vous connaissiez la forêt mieux que quiconque ? rétorqua Harry, d’une voix au ton incertain.

 

 - Mais ça ne veut pas dire qu’on connaît la forêt par cœur… ! Parce que, là, je dois bien admettre qu’on n’est jamais venus ici…, pas même lors de nos balades de pleine lune… ! » avoua James, levant sa baguette au dessus de sa tête, pour étendre un peu plus le rayon d’action de la lumière qu’elle projetait.

 

            Harry sentit son cœur bondit dans sa poitrine, alors qu’il faisait de même. Il ne connaissait que trop bien cet endroit. Un bruissement à ses pieds lui fit songer que, à sa place, Ron aurait déjà paniqué… Il abaissa cependant, par acquis de conscience, sa baguette, pour apercevoir des dizaines et des dizaines de petites araignées qui grouillaient à leur pieds. James, occupé à regardé autour de lui, ne semblait pas les avoir remarquées.

 

            « Eh, vu qu’on est là…, si on allait y jeter un œil ? » suggéra ce dernier, l’air enthousiaste à la perspective de nouvelles découvertes et semblant avoir totalement oublié le but premier de leur présence dans la forêt.

 

            Harry allait répondre quand un craquement de mauvaise augure retentit, un peu plus loin devant eux, les faisant tressaillir.

 

            «- A l’endroit exact où devait se trouver l’entrée du repère d’Aragog et toute sa “petite” famille ! songea Harry en repensant à la fois où il s’était aventuré dans la forêt en seconde année. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… ! ajouta-t-il, à l’adresse de James qui fronça les sourcils.

 

 - Pourquoi ?

 

 - J’ai… un mauvais pressentiment… ! » souffla Harry, regardant droit devant lui, attentif au plus petit mouvement éventuel, scrutant les ténèbres, la baguette à nouveau levée et les sens aux aguets.

 

            Un nouveau craquement, plus proche cette fois…, un bruissement de plus en plus distinct…, un mouvement, fugitif…, des bruits bizarres, semblables à des cliquetis… ! Cliquetis que Harry avait bien trop eu l’occasion d’entendre, en seconde année. Les Acromantulas étaient de sortie…

 

            «- Oh, merde… ! siffla Harry. James, faut pas traîner ici… ! ajouta-t-il, en attrapant le Maraudeur par le bras.

 

 - Pourquoi… ? Qu’est-ce qui… ?

 

 - Pose pas de question et COURS ! »

 

            James ne réfléchit pas et se détourna en catastrophe, talonné par Harry.

 

            « Ne te retourne pas… ! Ne te retourne pas… ! » cria Harry, alors que, derrière eux, un grognement frustré et cliquetant retentissait derrière eux.

 

            Les deux adolescents couraient à l’aveuglette, droit devant eux. Harry se retourna brièvement, scrutant l’obscurité derrière eux.

 

            «- Aaaahhhh…. !

 

 - James… ! Qu’est-ce qui… ? Aaaahhhh ! »

 

            Harry venait de tomber dans un trou, dans lequel James avait lui-même disparu, ayant ainsi la réponse à sa question par la même occasion. Il se retrouvèrent à glisser le long d’un tunnel sinueux creusé grossièrement dans le sol et qui semblait s’enfoncer, abruptement, dans les profondeurs de la Terre. La chute leur sembla durer une éternité, surtout pour leurs poumons. Ils atterrirent brutalement, sur quelque chose de froid, visqueux et…mouvant ( ?). Harry sentit soudain une vive douleur à la main, mais n’en fit pas grand cas car James reprenait la parole.

 

            «- Ouf… ! Bonjour la dégringolade… ! grogna-t-il. Sur quoi on est tombés, là ?

 

 - J’préfère ne pas le savoir… ! soupira Harry. Qui avait un étrange sentiment de déjà vu en repensant à ce qui s’était passé la dernière fois qu’il était tombé sur quelque chose, qui s’était révélé être un Filet du Diable, à l’aveuglette. Lumos… ! »

 

            La lumière qui jaillit de la pièce les aveugla un bref moment, leurs yeux ayant commencé à s’adapter à l’obscurité. Mais, à présent, la pièce était éclairée, révélant un spectacle peu plaisant… Le sol était recouvert de serpents. De toutes les tailles et couleurs possibles et inimaginables, bien que la plupart soient noirs. Ceux-ci s’animèrent, semblant peu apprécier le soudain éclairage. Un sifflement furieux et strident s’éleva dans la pièce.

 

            « Oh, merde ! » souffla Harry.

 

            Les deus adolescents reculèrent, pour se retrouver adossés contre une paroi de terre humide, encerclés par les gros serpents noirs, les autres reptiles, plus petits, restant en retrait.

 

            « Que… ? Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas là ? » s’inquiéta James.

 

            Harry grimaça, hésitant. Il ne voyait qu’une seule solution, même s’il ne voulait pas avoir à y recourir… Encore moins devant James. Mais, là, il n’avait pas le choix… !

 

            «- James, quoi qu’il se passe, ne dit rien, d’accord ?

 

 - Pourquoi ? Qu’est-ce qui… ?

 

 - Je t’expliquerai tout plus tard… ! » le coupa Harry.

 

            James allait dire quelque chose mais il se tut et se figea, alors que Harry avait reprit la parole, mais dans une langue étrange et sifflante, qui avait quelque chose d’angoissant et donnait la chair de poule… ! Mais les serpents se turent sur le champ… ! Harry parlait le fourchelang ! Harry était un Fourchelang… ! Cette constatation fut comme un électrochoc pour James. Harry pouvait parler aux serpents ! Mais comment étais-ce possible, alors que seuls Salazar Serpentard et quelques-uns de ses héritiers en étaient capable ? Et si Harry était… ? Mais non, c’était impossible… ! Jamais le Choixpeau n’aurait envoyé un héritier de Serpentard à Gryffondor… ! Mais le vieux chapeau magique avait longtemps hésité… !

 

            Il fut tiré de ses réflexions, en voyant que les serpents s’étaient soudain écartés.

 

            «- Harry ! lança-t-il d’une voix où se mêlaient méfiance, inquiétude et étonnement.

 

 - Plus tard… ! coupa-t-il, sèchement. Suis-moi ! »

 

            James hésita, se demandant jusqu’à quel point il pouvait faire confiance à un Fourchelang, mais quelque chose, au fond de lui, assurait qu’il n’avait rien à craindre de l’adolescent et il se décida à le suivre, cependant mal à l’aise. Tous deux passèrent entre deux rangées de serpents qui les observaient tranquillement, et les deux élèves débouchèrent dans un tunnel qui remontait, en pente douce. Tous deux s’y engagèrent, sans un mot, éclairés par leur baguette.

 

            «- Harry… ! Tu es un… Fourchelang ? parvint finalement à demander James.

 

 - Oui… ! Mais c’est par accident… ! répliqua Harry.

 

 - Pourquoi… ? Comment ça ? » s’étonna James.

 

            Harry eut un instant d’hésitation.

 

            «- Celui qui a tué mes parents m’a transmis accidentellement une partie de ses pouvoirs, dont la faculté de parler Fourchelang, en voulant me supprimer… ! lâcha-t-il, péniblement.

 

 - Oh, mais ça ne te dérange pas d’être un Fourchelang, alors que… ? »

 

            Harry chancela soudain et se rattrapa tant bien que mal à la paroi.

 

            «- Harry ! Qu’est-ce qui… ? s’inquiéta James, levant sa baguette.

 

 - C’est rien ! » murmura Harry, le souffle court, en voulant continuer.

 

            Mais ses jambes se dérobèrent sous lui et il serait tombé si James ne l’avait pas retenu.

 

            «- Merde… ! siffla Harry, les dents serrées.

 

 - Harry…, qu’est-ce qui… ? s’inquiéta James, en étudiant le teint soudain pâle et les traits crispés de son camarade.

 

 - Je crois que… j’ai été mordu… par un des serpents… ! murmura Harry, se rappelant la douleur qu’il avait ressentit un peu plus tôt.

 

 - Oh, bon sang ! »

 

            James posa la main sur le front de l’adolescent et la retira aussitôt…, il était brûlant… 

 

            «- Par la barbe de Merlin ! marmonna-t-il. Il manquait plus que ça… ! Il faut que je te sorte d’ici au plus vite…. Tu peux te mettre debout… ?

 

 - Je… je sais pas, je vais… essayer mais… ! »

 

            Il se releva, lentement, en s’appuyant contre le mur, mais ses jambes cédèrent à nouveau. James le soutint et passa un bras sous les siens.

 

            « Appuies-toi sur moi… ! » souffla-t-il.

 

* * * * *

 

            Tous deux parvinrent, péniblement, à l’air libre, près d’une clairière que James reconnu, pour l’avoir déjà visité durant une de leurs sorties nocturnes. Mais ils étaient encore loin de Poudlard et le temps pressait. Harry s’affaiblissait progressivement, alors que le venin, s’immisçait un peu plus dans ses veines. Chaque minute comptait et le seul moyen d’arriver rapidement au château était de…

 

            Il inspira profondément puis, tant bien que mal, hissa son camarade sur son dos.

 

            « Accroche-toi bien, d’accord ? » lança James.

 

            Il sentit Harry passer les bras autour de son cou, montrant qu’il était encore assez lucide pour s’exécuter. Sur ce, James se concentra sur sa forme d’Animagus et, bientôt, les sens aiguisés du cerf prirent le dessus sur ses faibles capacités humaines, nullement gêné par le poids de l’adolescent qui se trouvait sur son dos, les bras passés autour de son encolure. Il avança mais se figea tout aussi brutalement. L’odeur de son camarade inconscient lui était curieusement familière… ! Il la connaissait…, mais d’où ? Il en était là dans ses réflexions, lorsqu’il capta d’autres odeurs connues. Il avait trouvé Sirius et Peter… ! Avançant lentement, il finit par les retrouver sur un sentier, Sirius assis contre un arbre, pestant tout en frottant ses pieds endoloris, tandis que Peter jetait des regard anxieux autour d’eux. Il sursauta alors que James apparaissait dans son champ de vision.

 

            «- Cornedrue… ? s’exclama-t-il, l’air soulagé. Qu’est-ce que… ?

 

 - Qu’est-ce que tu fais la ? s’étonna, à son tour, Sirius, en se levant. Tu es cinglé ou quoi ? Et pourquoi tu l’as emmené ici… ? s’énerva-t-il, en apercevant Harry.

 

 - James, qu’est-ce qu’il a ? » intervint soudain Peter, réalisant que quelque chose n’allait pas.

 

            Sirius, s’en rendant aussi compte, fit prudemment descendre l’adolescent du dos de l’animal qui se hâta de reprendre sa forme humaine.

 

            «- Qu’est-ce qui lui est arrivé ? s’inquiéta Sirius, déposant Harry (qui bougeait à peine) sur le sol.

 

 - J’ai pas le temps de vous expliquer, mais il faut que je l’emmène au château de toute urgence… ! Il s’est fait mordre par un serpent et… !

 

 - Je t’accompagne… ! décida Sirius. Tu crois que tu pourrais, sous ta forme de cerf, nous porter, Harry et moi, jusqu’à l’école ?

 

 - Avec Peter, ça devrait être possible… ! répliqua James. Parce que, désolé Sirius, mais un grand dadais comme toi est, tout de même, plus lourd qu’un petit gabarit comme Peter ou un poids plume comme Harry… ! »

 

* * * * *

 

            Pantelants, dix minutes plus tard, un gros chien noir et un cerf atteignirent le seuil du château. Sirius, reprenant sa forme humaine, souleva le corps inerte de Harry et aida Peter à quitter le dos de James qui reprit, lui aussi, sa forme humaine.

 

            «- Ca va vraiment pas… ! commenta Peter, prenant le pouls de leur camarade. C’est à peine s’il respire… ! C’était quoi comme serpent… ? s’enquit-il, en spécialiste de Botanique et Soin aux Créatures Magiques.

 

 - J’ai pas eu trop le temps de voir et il y en avait pour tous les goûts et toutes les couleurs… ! rétorqua James. Mais c’est pas le moment de parler de ça… ! On perd du temps… ! ajouta-t-il, en soulevant à nouveau Harry, le prenant dans ses bras. En tout cas, il n’est vraiment pas lourd pour son âge… ! observa-t-il. Et heureusement d’ailleurs ! »

 

* * * * *

 

            «- C’est ma faute ! J’aurai jamais dû lui proposer de m’accompagner… ! s’écria James, frappant rageusement la table du poing.

 

 - Ce n’est pas en culpabilisant qu’on trouvera un moyen pour le sortir du coma… ! rétorqua Sirius, plongé dans la lecture d’un livre, la tête entre les mains. Surtout qu’on n’a pas beaucoup de temps… ! »

 

            Deux heures s’étaient écoulées et personne n’avait remarqué que Sirius et Peter n’avaient pas finis leur retenue. Tous trois avaient été rapidement mis à la porte de l’infirmerie après qu’il y eurent déposé Harry. James n’avait pas osé avouer ce qui s’était vraiment passé mais avait juste dit que Harry s’était fait mordre par quelque chose alors qu’ils étaient près de la forêt interdite. Madame Pomfresh ne l’avait pas particulièrement cru, mais n’avait pas posé de question, trop préoccupée par le fait que la main de son patient avait doublée de volume. Les trois Maraudeurs étaient donc aller faire en douce un tour à la Bibliothèque, pour les ramener à la Salle Commune, déserte à cette heure avancée de la nui.

 

            «- James… ! Au lieu de tourner en rond comme ça, tu nous aiderais beaucoup si tu reconnaissais le type de serpent… ! intervint Peter. Car, s’il est vrai que la rapidité d’action du venin limite le “choix”, on a encore en lice une bonne douzaine d’espèces différentes… ! soupira-t-il.

 

 - Mais je vous dit que j’en sais rien… ! s’énerva James. Il faisait noir et… j’avais d’autres préoccupations que de retenir la particularité de tous les serpents qui s’y trouvaient… !

 

 - Corny, bon sang… Calme-toi… ! le coupa Sirius. Pourquoi tu te fais autant de souci pour lui… ?

 

 - Parce que c’est de ma faute s’il s’est fait mordre… !

 

 - Mais c’est pas en t’énervant comme ça que tu l’aideras… ! répliqua calmement Peter, avant de tourner son livre vers son ami. Celui-là… ? demanda-t-il, en désignant un serpent rose et vert.

 

 - Euh…, non… ! répondit James, après un distrait coup d’œil à ladite page.

 

 - Bon… ! commenta Peter avant de feuilleter le livre pour s’arrêter à une autre page. Alors, celui-ci, peut-être ?

 

 - Non… !

 

 - Celui-là… ?

 

 - Non… !

 

 - Alors, celui-ci ? »

 

* * * * *

 

            Plusieurs heures s’étaient écoulées. Sirius dormait, le nez dans un livre et Peter bataillait pour garder les yeux ouverts.

 

            «- Celui-ci… ? chuchota Peter, en désignant un serpent vert.

 

 - Non… !

 

 - Bon, peut-être celui-là, alors ?

 

 - Euh… ! Non… ! Ah, attends ! Si… ! s’exclama James, reportant toute son attention sur le gros serpent bleu foncé que son ami lui montrait.

 

 - Tu en es sûr… ? s’exclama Peter, d’une petite voix aiguë, avec espoir, soudain bien réveillé, tout comme Sirius.

 

 - Euh, en fait, non… ! »

 

            Peter soupira et se tapa la tête contre le livre.

 

            «- Jamsie, fait un effort, bon sang… ! grommela Sirius, en se passant la main sur la figure.

 

 - Ca rime à rien tout ça… ! grinça James, avec mauvaise humeur. On perd du temps pour rien là, et vous êtes crevés… ! Allez vous coucher, tous les deux ! »

 

* * * * *

 

            James se réveilla en sursaut, dans un fauteuil de la Salle Commune et en faisant glisser la couverture qui avait été posée sur lui.

 

            « Qu’est-ce que… ? » marmonna-t-il, en se frottant ses yeux ensommeillés, pour réaliser qu’il n’avait pas, non plus, ses lunettes.

 

            Tendant instinctivement la main, il les trouva sur une table proche, posées sur un livre…consacré aux reptiles. Les évènements de la soirée lui revinrent à l’esprit.

 

            « Mince… ! »

 

            Prenant le livre, il aperçut quelque chose qui en dépassait. Qui que ce soit qui avait été assez prévenant pour faire ça, il avait prit, également, soin de marquer sa page. Interloqué, il le rouvrit là où il en était et tourna la page suivante, qui représentait un gros serpent noir à la tête triangulaire. Ca lui rappela aussitôt ce qui s’était passé quand Harry avait convaincu les serpents de les laisser partir… entre une “haie d’honneur” de gros serpents noirs… ! C’était ça… !!! Parfaitement réveillé, il se plongea avec intérêt dans la lecture des du texte qui accompagnait l’image du reptile “dont le venin, très puissant, pouvait tuer dans les trente-six heures après la morsure et provoquant, dans les heures qui suivent ladite morsure, une forte fièvre, un état comateux, voir des délires dus à la fièvre. Le seul remède existant et connu à ce jour ne se trouve que dans les forêts poussant dans les climats tempérés, dans les quatre jours qui suivent la pleine lune mais reste malgré tout, rare à trouver. Cette plante, appelée communément la “Larme de Lune” semble avoir une préférence pour les trouées humides et végétales, au pied de certains hêtres et ne se trouvant que la nuit.”

 

            « Il me faudra donc y retourner ce soir ! » songea-t-il, tout en réfléchissant intensément aux endroits de la forêt susceptible de rassembler tous les critères.

 

Une trouée humide et donc végétale, où se trouvait des hêtres… ! Il n’y en avait pas particulièrement dans la forêt, donc, ça réduirait les possibilités. D’autant plus que la pleine lune avait eu lieu deux jours plus tôt…

 

* * * * *

 

            La journée s’était lentement écoulée. James, étant tellement sur les nerfs qu’il n’avait pas vu le temps passer, ni remarqué le regard qui pesa sur lui quasiment toute la journée. Il avait bien essayé d’allé voir Harry mais Pomfresh avait refusé toute visite. En plus de cela, alors qu’il venait de tout expliquer à Sirius et Peter (Remus était encore à l’infirmerie) et que Sirius, imité (sans grand enthousiasme) par Peter, s’était porté volontaire pour l’accompagner, McGonagall leur était “tombée” dessus, indignée par le fait que Sirius et Peter n’avaient pas achevé leur retenue la veille au soir et que, par conséquent, elle leur en donnait une autre pour le soir-même, sous la garde de Rusard.

 

            Si bien que ce fut seul que James quitta son dortoir, ce soir-là, la cape d’invisibilité dans sa poche, pour le cas où, bien qu’il parvienne à quitter le château sans rencontrer qui que ce soit et il s’engagea dans le parc.

 

            « POTTER… ! »

 

            James leva les yeux au ciel à cette voix plus que familière, hésitant entre s’arrêter (et, vue le ton qu’elle avait employée, ce n’était pas la meilleure chose à faire) ou continuer (après tout, il était pressé…)

 

            « POTTER, bon sang ! T’es sourd ou quoi… ? » s’écria Lily, visiblement de très mauvaise humeur.

 

            L’adolescent soupira et concéda à s’arrêter, à quelques pas du château et se retourna, lentement, pour voir la Préfète-en-Chef quitter le seuil de l’entrée du château pour s’avancer vivement vers lui.

 

            «- Qu’est-ce que tu me veux, Evans… ? grommela James, pas vraiment d’humeur à engager une conversation qui, de toute façon se présentait déjà sous de mauvais augure.

 

             - Je viens avec toi… ! » rétorqua-t-elle sèchement, sur un ton plus que catégorique et n’admettant aucune réplique.

 

            James l’observa avec des yeux ronds, avant de se reprendre.

 

            «- Hors de question… ! rétorqua-t-il, avant de se détourner et repartir vers la forêt.

 

             - Eh… ! s’écria Lily, avec colère, en le rattrapant par le bras. Je t’ai dit que je t’accompagnais et je le ferai… !

 

             - Je t’ai dit non… ! Et puis d’abord, pourquoi tu tiens absolument à venir ? Après tout, en tant que Préfète-en-Chef… ! riposta James en s’échappant de sa prise et en voulant repartir.

 

             - Ca te va bien de dire ça alors que, toi-même, tu es Préfet-en-Chef de Gryffondor… ! en le rejoignant à nouveau.

 

             - Peut-être… ! Mais en tant que Maraudeur, j’m’en fiche un peu des règlements tu vois… ! Alors que toi, Miss-perfection-qui-sait-toujours-tout-mieux-que-tout-le-monde, tu tiens tout d’un coup à me suivre… ? Qu’est-ce que tu fais de tous ces beaux règlements que tu te fais une joie de me rappeler constamment… ? trancha James en haussant les épaules. Sur ce, tu m’excuseras mais retourne au château et laisse-moi tranquille, j’ai à faire… ! » conclut-il en la plantant au beau milieu du parc.

 

            Mais cette dernière n’avait pas dit son dernier mot.

 

            « Bon sang, ça t’arrive d’écouter ce que disent les autres, Potter… ? s’écria-t-elle, exaspérée, en le rejoignant en courant. Je viens avec toi et point barre… ! Fin de la discussion… ! »

 

            James soupira, quelque peu agacé et se tourna brutalement vers elle.

 

            «- Mais qu’est-ce que tu veux à la fin ?

 

             - T’accompagner… !

 

             - Et pourquoi… ? demanda-t-il, les bras croisés.

 

             - Parce que je sais que c’est de ta faute ce qui arrive à Harry et je veux être sûre que tu récupères ce qu’il faut pour le soigner… ! riposta Lily.

 

             - J’aurais dû m’en douter… ! marmonna-t-il. Et toi, ça t’arrive de me faire confiance ? Bon, alors que les choses soient bien claire… ! Primo, il est hors de question que tu viennes avec moi… ! J’ai pas besoin d’avoir Miss Perfection dans les pattes… ! Secundo, sur ce coup, je travaille solo…, j’ai fait une connerie et j’assume mes responsabilités… ! Tertio, j’irai bien plus vite seul car je sais parfaitement ce que j’ai à faire… ! Et quarto, tu tiendrais pas deux minutes là dedans, alors j’ai pas besoin de m’encombrer d’une fille comme toi… ! »

 

            Il n’eut même pas le temps de songer à esquiver qu’elle l’avait déjà giflé.

 

            «- Non mais ça va pas… ? Tu es vraiment barge, toi… !

 

 - Bon, j’en ai plus qu’assez de toi et de ton petit numéro machiste… ! s’énerva-t-elle. Alors, tu veux mettre les choses au clair… ? Et bien moi aussi… ! Primo, je viens avec toi, quoi que tu en dise… ! Secundo, la vie d’un élève est en jeu donc il est hors de question que tu endosses seul une telle responsabilité… ! Tertio, je suis peut-être une fille mais ça serait mal me connaître que de dire que je te traînerais dans les pattes… ! Et quarto, tu la fermes et on a assez perdu de temps comme ça… ! » conclut-elle, voyant qu’il allait dire quelque chose.

 

            Il fronça les sourcils, voulut dire autre chose, se ravisa et leva, finalement, les yeux au ciel.

 

            «- Je suppose que tu me laisseras pas tranquille tant que je n’aurai pas accepté… ! marmonna-t-il.

 

             - De toute façon, je ne te laisse pas le choix… ! rétorqua-t-elle sèchement.

 

             - Dans ce cas, tu peux venir mais, j’te préviens d’office… ! C’est autrement plus dangereux que le reste de l’école… ! Le calmar géant ou les sirènes c’est rien à côté de ce qui se trouve là-dedans… ! commenta James en désignant la forêt. Il n’y a pas que des licornes… ! Je connais la forêt comme ma poche… ! Alors, tu te contenteras de me suivre et de faire ce que je te dis, sans discuter… ! »

 

            Elle soupira à son tour et leva les yeux au ciel.

 

            «- Si ça peux faire accélérer les choses… !

 

             - Dans ce cas, allons-y alors ! » intima James, un peu contrarié, espérant que ses conditions l’auraient dissuadée de le suivre, mais aussi un peu surpris qu’elle accepte si facilement lesdites conditions.

 

            Tous deux avaient du s’incliner face aux exigences de l’autre, et cela malgré leurs différents et leur orgueil mutuel. Tous deux s’avancèrent vers la lisière sombre de la forêt interdite. Malgré ce qu’elle avait pu dire, Lily ne se sentait pas particulièrement rassurée à l’idée de pénétrer dans la forêt mais, désormais, son honneur était en jeu et il était hors de question qu’elle admette devant Potter qu’elle avait peur… Mais, malgré toute sa volonté, elle ne put s’empêcher de tressaillir, tandis qu’ils s’engouffraient sous le couvert des arbres, lorsqu’un bruit sinistre retentit au dessus d’eux.

 

            «- Tu peux encore changer d’avis, Evans… ! intervint calmement James, sans lui adresser le moindre regard, sortant sa baguette de sa poche.

 

             - Cours toujours… ! » rétorqua-t-elle, sèchement.

 

            Il se passa de commentaire, se contentant de lancer un vague “lumos” et de lever sa baguette au dessus de lui et Lily se hâta de l’imiter, le suivant d’aussi près que possible, plutôt soulagée qu’il soit devant elle. Ainsi, il ne pouvait pas la voir trembler à chaque bruit un peu étrange… En fait, même le simple bruit du vent dans les feuillages suffisait à la faire sursauter… Déjà, de jour, l’idée ne lui serait jamais venue à l’esprit d’entrer dans la forêt interdite…, alors de nuit… ? C’était inimaginable… ! Et pourtant, voilà que non seulement elle se trouvait, en pleine nuit, dans la forêt interdite, mais en plus, comble de l’ironie, en compagnie de Potter.

 

            Essayant de se calmer, elle s’efforça à se concentrer sur la raison de sa présence… Harry… ! Depuis cinq mois qu’il était là, elle n’avait pas encore compris pourquoi elle s’entendait aussi bien avec lui… ! Elle qui était du genre plutôt…associable, selon la quasi-totalité des élèves, (ce qui n’avait pas été pour s’arranger, avec sa nomination en tant que Préfète) elle s’était très rapidement entendue avec le nouveau… ! En fait, il semblait bien s’entendre avec tout le monde, sauf les Serpentard… ! Déjà, parvenir à “amadouer” si rapidement les Maraudeurs tenait du miracle…, mais peut-être que, tout comme elle, ils avaient sentis qu’ils pouvaient lui faire confiance…, totalement confiance… ! Quoiqu’il en soit, la jeune fille l’avait, dès le début, trouvé différent des autres…, quelque chose en lui faisait qu’elle avait le sentiment de le connaître depuis toujours, même si ce n’était pas vraiment le cas… ! Mais, ce qui l’avait le plus marqué chez le nouveau, c’était son regard troublé, presque blessé, à la fois perdu, touchant et plein d’espoir, qui contrastait tant avec l’apparente assurance qu’il manifestait… ! Il semblait à la fois fragile et fort… ! Vulnérable et pourtant “invincible”… ! Discret, mais ouvert… ! Et il ne faisait aucun doute qu’une forte puissance magique vivait en lui, mais avait-il, lui-même, pleinement conscience, de son immense potentiel magique… ? Mais, très vite, il avait été considéré comme un membre à part entière au sein du petit groupe des Maraudeurs, puis de l’équipe de Quidditch…et avait gagné en réputation dans toute l’école… ! Et puis, en dehors de Elsa et Amy, il était bien le seul à venir la voir, discuter avec elle de n’importe quel sujet, et cela, quoi qu’en dise les Maraudeurs… Lily les connaissait assez bien pour savoir qu’ils ne voyaient sûrement pas ça (surtout Potter et Black) d’un très bon œil, mais Harry ne semblait pas s’en soucier particulièrement… Mais, malgré tout, plusieurs choses l’intriguait chez ce curieux adolescent qui restait encore plus que mystérieux, pour tout le monde… ! Il n’était pas du genre à s’ouvrir facilement sur son passé… et puis pourquoi tout le monde avait-il aussi facilement confiance en lui ? Et qu’elle était la signification de cette cicatrice peu commune qu’il avait au front… ? Pourquoi paraissait-il soudain mal à l’aise chaque fois qu’elle y avait fait allusion… ? Pour quelle obscure raison s’entendait-il si bien avec les Maraudeurs ? Et, surtout, pourquoi chacun de ses gestes et attitudes lui semblaient-ils si familiers ? Pourquoi ? Voilà une question qui revenait régulièrement dans ses réflexions ces derniers temps… !

 

            Elle revint à la réalité, lorsqu’une main passa devant ses yeux.

 

            «- Ouh, ouh, Evans… ! Y a quelqu’un…?

 

             - Enlève ta main de là ! ronchonna-t-elle. Qu’est-ce que tu me veux ?

 

             - Rien, je m’étonnais de ne pas t’entendre et, en me retournant, j’ai vu que tu semblais être ailleurs… ! Tu semblais être sur un p’tit nuage… ! répliqua-t-il, simplement, en haussant les épaules. Bon, on ferait bien de continuer… ! »

 

            Lily prit alors conscience du fait qu’ils s’étaient arrêtés en plein milieu du sentier qu’ils suivaient. Tous deux repartirent en silence durant un moment.

 

            «- Potter ?

 

             - Quoi ?

 

             - Toi qui dis bien connaître la forêt, tu as une idée de l’endroit où on peut trouver des Larmes de Lune ? »

 

            James s’arrêta.

 

            «- Comment sais-tu… ? commença-t-il, interloqué.

 

             - Dis-moi d’abord où on peut en trouver… !

 

             - Non ! Réponds-moi d’abord… !

 

             - Non, toi… !

 

             - Toi d’abord… !

 

             - Toi… ! »

 

            Tous deux se défièrent du regard, les yeux vert émeraude soutenant ceux bleu nuit, durant un long moment. Finalement, Lily détourna la tête, lassée par ce petit jeu stupide.

 

            «- Je suis pas la Miss “Je-Sais-Tout” pour rien… ! ironisa-t-elle.

 

             - Très drôle… ! rétorqua, sèchement, James. Alors, dis-moi comment tu as su… ?

 

             - Ce matin, j’ai appris que Harry était à l’infirmerie et que c’était tes copains et toi qui l’y avaient emmené… ! C’est comme ça que j’ai su que vous en étiez responsable, d’ailleurs ! Quoi qu’il en soit, je suis allée le voir… !

 

             - Tu as eu le droit d’aller le voir ? s’exclama James, interloqué. Moi, Pomfresh m’a claquée la porte au nez… !

 

             - C’est la Préfète-en-Chef qui est entrée… ! répliqua-t-elle, tranquillement. Toi, tu as peut-être le badge de Préfet-en-Chef, mais tu es, avant tout, un Maraudeur… ! » ajouta-t-elle, plus que sarcastique.

 

            James lui répondit par une grimace, alors qu’ils se remettaient en route, tout en songeant que, décidément, Harry n’avait pas tort sur le fait qu’elle n’aimait pas vraiment son côté “Maraudeur”… !

 

            «- Ce que tu peux être puéril, Potter… ! soupira-t-elle en levant les yeux au ciel. Grandis un peu, bon sang… ! Alors, tu me dis où on peut en trouver ?

 

             - Tu ne m’as pas dit comment tu sais que c’est ce qu’on doit trouver… ! » répliqua James.

 

            Lily lui décocha un regard meurtrier mais consentit à poursuivre ses explications.

 

            «- Et bien, j’ai vu sa morsure… ! Qui est, d’ailleurs, très particulière… ! Les marques sont disposées en triangle, celle du haut étant à peine visible alors que les deux latérales sont parfaitement nettes… ! Ca, plus l’espacement des marques… ! J’en ai donc déduit qu’il s’agissait d’un assez gros animal… ! Je suis donc passée à la Bibliothèque et, à partir de ces caractéristiques, j’ai trouvée ce que je voulais dans un livre répertoriant toutes les empreintes de morsures possibles… ! Il n’y avait qu’une seule espèce de gros serpent qui possède deux crochets principaux, et un troisième, un peu moins proéminent, placé sur l’avant de la mâchoire du haut, raison pour laquelle la marque apparaît à peine… ! Mais c’était aussi un serpent dont le venin est classé parmi les plus puissants…, en fait, après celui du Basilic… ! De là, j’ai cherché l’antidote contre de tels venins dans un livres de Potions et qui se révélait être composée de Larme de Lune… ! conclut-elle. Alors, tu me réponds… ? QUOI ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? » ajouta-t-elle, exaspérée, alors qu’il la fixait, immobile, avec des yeux ronds et bouche-bée.

 

            Il se secoua et revint à la réalité.

 

            « Il faudra que je me rappelles de ne jamais plus rien te demander… ! marmonna-t-il, encore sous le choc du petit discours qu’elle venait de lui asséné. Tu ne pouvais tout simplement pas dire “j’ai vu sa morsure et j’ai trouvé l’antidote dans un bouquin”, au lieu de me sortir tous les détails ? »

 

            Elle lui décocha un regard noir, et ils repartirent à nouveau.

 

            «- Tu me le demande, alors je te réponds… ! répliqua-t-elle. Mais, tu dois répondre à la mienne à présent… ! Où peut-on trouver ce type de plante, dans cette forêt ?

 

             - Un peu plus à l’ouest… ! répondit-il. C’est là que nous avons le plus de chance de trouver des hêtres et l’endroit qui présente le plus de possibilité d’y trouver des Larmes de Lune.

 

             - Ah ! Et comment comptes-tu t’assurer que nous n’allons pas dévier de cette direction ? » le provoqua Lily.

 

            James dut recourir à toute sa volonté pour rester calme.

 

            «- Comme ceci… ! riposta-t-il, en plaçant sa baguette à plat sur sa main. Pointe au Nord… ! Satisfaite… ? ajouta-t-il, une fois que la baguette se fut immobilisée en direction du Nord.

 

             - Très… ! rétorqua-t-elle sèchement.

 

             - Tant mieux… !

 

             - Bien… ! ajouta-t-elle, ne tenant visiblement pas à lui laisser le dernier mot.

 

             - Bien… ! riposta-t-il, en lui décochant un sourire provocateur, ne tenant pas à la laisser gagner à ce petite jeu.

 

             - Bien… ! renchérit-elle, en lui décochant un regard noir.

 

             - Bien… ! continua-t-il.

 

             - Tu es qu’un crétin… ! rétorqua-t-elle, avant de passer devant lui, d’un pas raide et la tête haute.

 

             - Ohlala ! ironisa James. Madame fait sa fière… ! Et tu as rien de mieux qu’un “tu es un crétin” ? Je croyais que ton répertoire était beaucoup plus riche que ça… ! Tu me déçois, Evans !

 

             - Ferme-là… !

 

             - Je n’ai pas d’ordre à recevoir de toi… !

 

             - Potter, boucles-la… !

 

             - Oh, Lily la Tigresse sort ses griffes… ! ironisa-t-il.

 

             - Potter, j’suis pas d’humeur alors… !

 

             - Eh, si ça t’embêtes de m’entendre, tu n’avais qu’à pas m’accompagner… !

 

             - Potter, un conseil…, quand on me cherche, on fini par me trouver… !

 

             - Ohlala, je suis mooooort de peurrrr… ! ricana James. Dis donc, qu’est-ce qui te rends aussi hargneuse… ?

 

             - A ton avis… ?

 

             - Sûrement un truc typiquement féminin… ! commenta James en levant les yeux au ciel d’un air affligé. Je ne te savais pas si lunatique, Evans… ! C’est les hormones qui te travaillent ? » plaisanta-t-il.

 

            Il eut à peine le temps de la voir se retourner que la Préfète-en-Chef abattait, avec force, sa main sur sa joue, pour la deuxième fois de la soirée.

 

            « Et susceptible en plus de ça… ! » commenta-t-il en grimaçant.

 

            Le regard qu’elle lui adressa à cet instant suffit étonnement à le faire taire…, mais seulement durant quelques très brèves secondes.

 

            « Ca ne fait que confirmer ce que je disais… ! Tu n’as vraiment aucun sens de l’humour ! »

 

            Lily serra les doigts, résistant à son envie de l’étrangler et respira calmement pour essayer de se calmer.

 

* * * * *

 

            Tous deux avancèrent en silence, leurs brèves tentatives pour meubler ce silence trop pesant se heurtant, en permanence, au mutisme de l’autre.

 

            James s’immobilisa soudain et fit signe à Lily, qui le suivait à présent, de s’arrêter.

 

            «- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta-t-elle.

 

             - Chut… ! Et viens ici, doucement… ! » souffla-t-il, en esquissant quelques pas sur le côté, jusqu’à un gros arbre au tronc noueux.

 

            Interloquée, elle obtempéra cependant et vint à la hauteur de James qui lui désigna quelque chose. Tous deux se trouvaient près d’une vaste clairière, baignée par la lueur tamisée qu’offrait la lune décroissante. Mais Lily ne tarda pas à y découvrir ce qu’il lui montrait et elle sourit.

 

            « Oh, c’est une licorne… ! » murmura-t-elle en apercevant une créature au pelage d’un blanc laiteux et arborant fièrement sa tête finement dessinée et intelligente surmontée d’une longue corne spiralée.

 

            L’animal s’était avancée dans la clairière à la végétation verdoyante, aux aguets.

 

            « Attends, ce n’est pas tout… ! » répliqua James, à voix basse.

 

            Au bout d’un moment, la licorne, visiblement rassurée, hennit doucement, en se retournant vers des fourrés qui entouraient une bonne partie de la clairière et…d’où sortit un petit animal au pelage doré qui contrastait de beaucoup avec la robe argentée de l’autre animal.

 

            Lily sourit, attendrie en découvrant le poulain de licorne qui s’avançait d’un pas encore un peu pataud vers celle qui devait être sa mère. La jeune fille se surpris à se tourner vers James, sans se départir de son expression émue, et l’adolescent, rencontrant son regard, sourit.

 

            « Il est né il y a quelque jours… ! chuchota James, alors que les deux animaux s’engageaient un peu plus à découvert, sous le regard des deux adolescents qui avaient détourné les yeux en même temps. Mais, d’habitude, ils sont plusieurs à venir ici… ! »

 

            Lily resta silencieuse, observant les deux créatures.

 

            «- De plus, du fait qu’elle soit à ciel ouvert, une riche végétation s’est développée dans cette clairière qui est, aussi, assez humide… ! D’ailleurs, tu vois ces arbres là-bas ? ajouta-t-il en désignant l’extrémité opposée de la trouée végétale.

 

             - Euh oui… !

 

             - C’est des hêtres… ! »

 

            Lily acquiesça, et continua à observer les deux licornes qui s’étaient arrêtées au milieu de la clairière. La jument baissa la tête pour brouter alors que le poulain, après un moment d’hésitation, venait mettre sa tête sous le ventre de sa mère, probablement pour téter.

 

            « C’est vraiment magnifique ! murmura-t-elle. C’est la première fois que je vois ça… ! »

 

            James sourit à nouveau et tous deux restèrent silencieux, observant les deux licornes. Lily frissonna dans la fraîcheur de la nuit automnale. James, s’en rendant compte, hésita un bref instant, enleva sa cape et la posa sur les épaules de la jeune fille qui tressaillit.

 

            «- Je ne tiens pas à ce que tu attrapes froid, c’est tout… ! se défendit-il en découvrant le regard méfiant qu’elle lui adressa.

 

             - Pourquoi ? s’étonna-t-elle.

 

             - Harry est déjà à l’infirmerie par ma faute et je ne tiens pas vraiment à t’y envoyer également… ! »

 

            Lily le fixa avec une expression indéchiffrable.

 

            « Merci mais…, Potter, pourrais-je savoir ce que vaut cette attention subite… ? » demanda-t-elle, l’air soupçonneux.

 

            Il voulu dire quelque chose, se ravisa et se contenta de hausser les épaules. Un autre moment de silence s’instaura entre eux, durant lequel elle le fixa avec intensité. Il baissa les yeux, mal à l’aise, le cœur battant la chamade, ne sachant pas comment il devait interpréter ce regard… ! Il hésita.

 

            « Evans…, commença-t-il. Je… ! »

 

            Un léger craquement l’interrompit. Aussitôt, tous deux reportèrent leur attention sur la clairière où la licorne et son petit s’étaient figés, la mère scrutant les alentours, oreilles pointées, aux aguets. Brusquement, les deux animaux détalèrent.

 

            « Bon, viens, c’est l’occasion ou jamais de chercher des Larmes de Lune… ! » décida James, en pénétrant dans la clairière, suivit par Lily qui, inconsciemment, s’enveloppa dans la cape qu’il venait de lui passer pour essayer de se réchauffer un tant soit peu.

 

            Une fois sur les lieux, ils se séparèrent, les yeux rivés au sol pour examiner les hêtres environnants.

 

            « Potter, j’en ai trouvé ! » s’écria Lily, au bout d’un moment.

 

            James traversa la clairière et rejoignit la Préfète-en-Chef qui, accroupie près d’un des arbres, avait précautionneusement écarté les feuilles du pied des petits plants qui se trouvaient là, révélant ainsi quelques petites pousses d’un blanc éclatant, dont la forme rappelait vaguement une larme.

 

            « Il faut prendre les plus développées… ! lança James en s’accroupissant à son tour. On ne doit prendre que la fleur, mais pas la tige… ! »

 

            Lily leva les yeux vers lui, surprise.

 

            « Comment tu sais ça… ? »

 

            James sourit.

 

            « Quoiqu’en dise Krayak, je suis plus doué en Potions qu’il n’y paraît… ! répondit-il, simplement tout en haussant les épaules. Et je me suis renseigné sur la préparation de l’antidote pour Harry ! »

 

            Lily sourit à son tour.

 

            «- Dis donc, toi aussi tu ferais un bon Mr “Je-Sais-Tout” en ton genre… !

 

 - Tu m’as démasqué ! plaisanta James en s’inclinant. Mais que ça reste entre nous ou je n’ai pas fini d’en entendre parler avec Sirius… ! »

 

Lily eut un léger rire.

 

            « D’accord ! De toute façon, je n’ai pas l’intention de lui parler de sitôt à celui-là ! »

 

James sourit et il replongèrent dans le mutisme, alors qu’ils commençaient à cueillir des Larmes de Lune qu’ils glissaient dans un sachet prévu à cet effet que le Maraudeur avait emmené. A un moment, leurs mains s’effleurèrent alors qu’ils esquissaient un geste vers la même fleur. Tous deux rougirent, baissant immédiatement les yeux, et se concentrant sur une autre plante, de sorte qu’aucun d’eux ne remarqua le trouble de l’autre.

 

« C’est bon… ! annonça James après quelques instant, en refermant le sachet d’un sort avant de le glisser dans sa poche. On n’a plus qu’à… ! »

 

            Un craquement, plus fort que les précédents, l’interrompit.

 

            «- Qu’est-ce que… ?

 

             - Chut… ! la coupa James qui, s’étant levé, scruta les alentours.

 

            Un nouveau craquement, plus proche, retentit presque aussitôt, suivit par d’autres bruits étranges qui fit frissonner les deux adolescents.

 

            «- Ça…, ça ne me plait pas du tout… !

 

             - Potter… ! Qu’est-ce que c’est ? s’inquiéta Lily en se relevant.

 

             - Je…je ne sais pas… ! »

 

            Mais il n’y eut pas d’autre craquement et le silence revint, ce qui ne rassura pas pour autant James.

 

            « On ferait mieux de ne pas s’attarder par ici… ! souffla-t-il en partant en direction de l’endroit par où ils étaient arrivés, suivit aussitôt par Lily. On ne doit pas être loin de l’endroit où, Harry et moi, on s’est fait poursuivre par quelque chose qui faisait un peu le même genre de bruit… ! »

 

            Un craquement retentit derrière eux, les faisant sursauter. Ils se retournèrent d’un même mouvement en entendant un étrange cliquetis, pour découvrir, à quelques mètres d’eux, une immense créatures dont les huit pattes étaient aussi velues et noires que le reste du corps du gros insecte qui se tenait devant eux et dont les huit yeux sombres brillaient d’un éclat étrange tandis que ses larges pinces claquaient bruyamment.

 

            Une araignée…mais de la taille d’un camion…

 

            Lily plaqua ses mains contre sa bouche, étouffant un cri effaré, recula et vint, inconsciemment, se serrer contre James qui était quelque peu trop occupé pour s’en rendre compte.

 

            «- Potter…, qu’est-ce que c’est que… ?

 

             - J’en sais pas plus que toi mais ça a l’air d’être tout sauf amical… !

 

             - Je ne l’avais pas deviné… ! ironisa Lily, en prenant sa baguette. Arania exime ! »

 

            La créature qui leur faisait face, pourtant touchée de plein fouet par le sort, n’eut, pour seule réaction, qu’un simple tressaillement et esquissa un cliquetis de très mauvaise augure.

 

            «- Je… je crois qu’elle n’a pas vraiment apprécié… ! marmonna James.

 

             - Tu as une meilleure idée, peut-être… ? rétorqua Lily, en s’écartant de lui.

 

             - Oui ! répliqua James, en s’emparant de sa baguette. Stupéfix ! »

 

            L’animal cliqueta furieusement…

 

            «- C’est à croire qu’elle ne l’a même pas sentie… ! souffla Lily. Mais, peut-être qu’en se mettant à deux… !

 

             - On peut toujours essayer ! approuva James en la rejoignant. Prête ? »

 

            Elle acquiesça d’un signe de tête.

 

            «STUPEFIX ! » crièrent-ils, en chœur.

 

            A leur plus grand soulagement, l’araignée géante se figea…, l’espace de quelques secondes, et s’avança vers eux.

 

            «- Euh…, et si on partait ? suggéra Lily qui n’en menait pas large, en s’agrippant au bras de James.

 

             - Je suis du même avis… ! » approuva ce dernier.

 

            Mais d’autres cliquetis, qui ne laissaient rien prédire de bon, retentirent derrière eux.

 

            « Mais je crois que ça ne va pas être possible ! » ajouta sombrement James.

 

            Lily étouffa un cri horrifié lorsque, se retournant, elle découvrit qu’une dizaine d’araignées, sorties de l’ombre des arbres et des futaies environnantes, entouraient à présent la petite clairière où ils se trouvaient.

 

            « James… ! » souffla-t-elle, crispée sur son bras.

 

            Il était trop occupé à étudier la gravité de la situation pour se rendre compte qu’elle l’avait appelé par son prénom…, Lily, quand à elle, était trop effarée pour prendre conscience de ce qu’elle avait dit.

 

            «- On est pris au piège… ! murmura-t-elle.

 

             - Il… il y aurait peut-être une solution de s’en tirer… ! lâcha-t-il lentement.

 

             - Et… c’est quoi ? s’enquit Lily, tout en s’étonnant qu’il puisse rester aussi calme alors que des créatures de plusieurs mètres de haut les encerclaient.

 

             - Et bien… ! Evans, il faut que tu me promettes de ne pas poser de questions et de ne rien dire à qui que ce soit… ! Ce que tu vas voir doit, impérativement, rester entre nous… ! Je t’expliquerai tout plus tard si tu veux mais promet-moi que tu ne diras rien… ! insista-t-il en la fixant dans les yeux.

 

             - D’accord, si tu veux ! Tu en as ma parole ! assura-t-elle en levant la main droite, tout en songeant que le moment n’était pas vraiment à la discussion.

 

             - Ok ! Je te fais confiance, Evans… ! »

 

            Il inspira profondément.

 

            «- Monte sur mon dos… ! reprit-il.

 

             - QUOI… ? Mais… ? »

 

            La soudaine exclamation de Lily provoqua des cliquetis plus furieux que jamais chez les grosses araignées qui, immobiles, observaient leurs futures proies.

 

            « Ne pose pas de question, Evans ! siffla James d’une voix pressante. Fais ce que je te dit, c’est tout… ! Fais-moi confiance et fais-le… ! »

 

            Elle soutint son regard un moment mais fini par céder, face à l’imminence du danger que représentait les araignées. Elle inspiration et s’approcha du Maraudeur qui la hissa sur son dos. Elle passa, après un bref moment d’hésitation, ses bras autour de son cou.

 

            «- Surtout, Evans, tiens-toi bien… ! Et surtout ne dit rien… ! Mais garde quand même ta baguette au cas où… !

 

             - D’ac…d’accord ! » murmura-t-elle, la gorge serrée par l’anxiété.

 

            James glissa alors sa baguette dans sa poche et paru se concentrer. Presque aussitôt, il y eut un claquement sec et, à son plus grand étonnement, Lily se trouva juchée sur le dos de… d’un cerf…

 

            « Potter est un Animagus ! » songea-t-elle, stupéfaite.

 

            Cette révélation lui fit oublier, momentanément, les créatures qui les encerclaient, du moins jusqu’à ce qu’un mouvement autour d’eux ne la ramène à la réalité du moment. Elle se pencha légèrement en avant, vers les oreilles, pointées en avant, du cerf qui restait étonnement immobile, aux aguets.

 

            « Potter, je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais… ! »

 

            Elle en eut presque aussitôt la réponse car, il bondit soudainement en avant, déséquilibrant la jeune fille qui dut prendre appui des deux mains sur la croupe de l’animal pour se redresser.

 

Elle eut cependant un bref aperçu des petites oreilles de l’animal qui se rabattirent, l’espace d’une seconde, sur la tête intelligente du cerf, semblant ainsi montrer qu’il n’avait pas trop apprécié ce manque d’équilibre. Du moins, c’est ce qu’elle supposa, mais elle se redressa tant bien que mal et vint nouer ses bras autour de l’encolure de l’animal, tout en prenant conscience du fait qu’ils fonçaient droit vers la barrière d’araignées qui se rapprochaient dangereusement.

 

            « Eh, Potter, tu ne te surestimes pas un peu, là ? s’exclama-t-elle, sèchement. Tu t’imagines vraiment que ces bestioles vont avoir peur d’un simple cerf… ? »

 

            Quasiment au même instant, il pilla brutalement (manquant une fois de plus désarçonner sa “cavalière”), à moins d’un mètre de la plus proche araignée, sembla la jauger du regard tout en ignorant les protestations étouffées de Lily et recula aussitôt. A l’étonnement de la jeune fille, il repartit au trot et dessina un cercle au sein du cercle formé par les araignées, semblant scruter le rang qu’elle formait, à la recherche d’une quelconque “faille”, visiblement.

 

            « Mais qu’est-ce qu’il fait ? » songea Lily, interloquée.

 

            Il se figea soudain, une fois de plus, alors que des cliquetis furieux s’élevaient parmi les araignées. C’est alors que la jeune fille réalisa que ces immenses créatures disaient quelque chose…, elle n’arrivait pas à saisir le sens de leurs propos qui étaient étouffés par leurs mouvements de pinces quasi-incessant, mais ces araignées parlaient…

 

            Elle revint à la réalité, lorsque le cerf fit brutalement demi-tour et repartit calmement vers le centre de la clairière. Là, il sembla jeter un autre regard aux araignées, l’air indécis. En fait, il s’agitait nerveusement, tapant durement le sol d’un de ses sabots, sa tête surmontée de bois noueux ne cessant de passer de l’une à l’autre des créatures, les sens en alerte. La jeune fille pouvait sentir la tension de chaque muscle de l’animal sur lequel elle était juchée.

 

            « Qu’est-ce que tu fais, Potter ? » redemanda-t-elle, à voix haute cette fois.

 

            En guise de réponse, il pivota sur lui-même, continuant à observer le mur d’araignées qui les encerclait et qui, brutalement, se mirent, d’un même mouvement, à avancer, lentement, vers eux… Ces créatures savaient que la jeune fille et le cerf ne pouvaient pas leur échapper, si bien qu’ils prenaient leur temps…

 

            Se demandant ce que pouvait bien chercher le Maraudeur, une idée, peu rassurante, traversa soudain les réflexions de Lily, alors qu’elle suivait le regard du cerf qui s’était arrêté sur une araignée qui leur faisait face et qui semblait nettement plus petite que les autres… ! Il n’allait pas…sauter, quand même ?

 

            Au même moment, sa décision visiblement prise, le cerf s’élança, au galop.

 

            « Potter… ! s’inquiéta Lily, cramponnée comme elle pouvait. Tu ne comptes pas, sérieusement… ? »

 

            Il allongea un peu plus son allure, redressant un peu plus la tête et se rassembla, confirmant les pires craintes de la jeune fille qui était sur son dos.

 

            « Saaaaaaaauuuuteeeeeeeer ? » hurla-t-elle, alors qu’il mettait son plan à exécution, autrement dit, tenter de passer par dessus la “petite” araignée.

 

            Comme si le temps s’était soudain considérablement ralentit, Lily s’agrippa à lui, s’efforçant de ne pas le gêner, alors qu’il passait, miraculeusement, au dessus de l’animal…, et il se réceptionna durement sur le sol.

 

            « TU ES CARREMENT CINGLE, POTTER… ! s’égosilla-t-elle, sous le choc. Et si ça avait raté ? »

 

            Mais il repartait déjà à une allure folle, alors que les araignées, visiblement frustrées de voir leur repas leur échapper de la sorte, se ruaient à leur poursuite (après avoir perdu quelques précieuses secondes pour faire demi-tour). Lily, revenant à la réalité, serra sa baguette.

 

            « STUPEFIX ! » tenta-t-elle, inutilement, visant à l’aveuglette.

 

            James filait à présent entre les arbres, droit devant lui, les araignées à leurs trousses. Lily, étonnée que des créatures aussi imposantes puissent se mouvoir aussi aisément entre les troncs qui les entouraient, cherchait, désespérément un moyen d’arrêter leurs poursuivants.

 

            « Réfléchis, Lily, réfléchis ! » s’intima-t-elle.

 

            Elle était sûre d’avoir déjà entendue parler de créatures semblables mais où… ? Et quoi ? Soudain, ce fut le déclic…

 

            « C’est des Acromantulas, Potter ! s’écria-t-elle, avant de réciter mentalement, la définition que donnait Vie et habitat des créatures fantastiques sur ce sujet et qui n’était guère pour la rassurer. Araignée de Bornéo et…carnivore…, elle sécrète un venin mortel et manifeste un goût prononcé pour les proies de grandes tailles… En dépit de son intelligence quasi-humaine, l’Acromantula…représente un danger considérable pour les sorciers… ! »

 

            Peu désireuse de finir en casse-croûte pour araignées carnivores, Lily, semblant avoir reprit son sang-froid, réfléchissait intensément à un moyen de mettre fin à la poursuite…, d’autant plus que Potter ne tiendrait pas longtemps la distance, soufflant bruyamment alors qu’il tentait vainement de distancer les créatures qui, elles, ne semblaient pas s’épuiser…

 

            Mais qu’est-ce qui pourrait les faire lâcher… ?

 

            Elle en était là dans ses réflexions quand le cerf trébucha soudain, visiblement à bout de force. Prise au dépourvu, elle perdit l’équilibre et bascula, pour retomber, à plat, sur le dos, au beau milieu du chemin, à quelques mètres d’un troupeau d’Acromantulas déchaînées. Un peu sonnée par la chute, elle eut cependant le temps de voir James piller brutalement et revenir vers elle.

 

            « POTTER, non, va-t-en ! Ne reviens pas… ! Je me débrouillerai… ! »

 

            Mais il ne semblait pas être du même avis qu’elle car il ne s’arrêta qu’à quelques pas d’elle pour venir se positionner au dessus d’elle, de sorte qu’elle se retrouva, rapidement, entre les quatre pattes du cerf qui faisait face, calmement, la tête haute, à leurs poursuivants.

 

Un cerf d’environ un mètre trente au garrot, pour, à peu près deux mètres dix de long, espérait pouvoir tenir tête à une dizaine de créatures de la taille d’un camion… ? C’était perdu d’avance… ! Si la situation n’avait pas été si grave, elle aurait pu être risible.

 

            Soit Potter avait un ego beaucoup plus imposant encore qu’elle se l’était imaginée, soit il était complètement fou…, ou alors suicidaire…, ou bien même les trois… ! Elle n’aurait pas su le dire avec précision… ! Pourtant, il restait là, impassible, planté au-dessus d’elle.

 

            Mais le moment n’était pas aux interrogations au sujet du comportement du Maraudeur, mais plutôt à trouver un moyen pour sortir indemne de la forêt…

 

            « Allez, cellules grises, c’est pas le moment de me lâcher… ! » murmura-t-elle, en s’écartant légèrement de sous “James Potter le cerf”, alors que les monstres n’étaient plus qu’à une quinzaine de mètres (mine de rien, James avait réussi à bien les distancer.)… ! Mais l’effort fournit par le Maraudeur avait été réduit à néant… ! Et si elle ne trouvait pas très vite une solution… !

 

La magie ne semblait pas faire un très grand effet aux immenses créatures, mais elles devaient bien avoir un point faible, quand même… !

 

Huit mètres… ! Il n’y avait pas à dire, ces bestioles avaient une sacrée vitesse…

 

Mue par une idée subite, elle pointa alors sa baguette, tout en se remettant debout, vers ce qui semblait être le ventre de la plus proche araignée.

 

            « STUPEFIX ! » hurla-t-elle, une main appuyée sur la base de l’encolure du cerf pour assurer son équilibre.

 

            Elle n’attendit pas de voir le résultat et se hissa lestement sur le dos du cerf qui fit aussitôt demi-tour… Ce fut seulement à cet instant qu’elle osa jeter un regard derrière elle, en entendant un bruit sourd.

 

            A son plus grand étonnement, mais aussi à son plus grand soulagement, ladite araignée s’était effondrée en travers du chemin, arrêtant, du même coup, ses semblables, alors que les deux Gryffondor en profitaient pour prendre le large.

 

            A leur immense soulagement, les araignées semblèrent renoncer à leur repas, mais James continua cependant à la même allure pendant un long moment. Lily ne se détendit qu’une fois les Acromantulas définitivement hors de vue.

 

            Mais l’épuisement finit par l’emporter sur son camarade car il trébucha à nouveau, deux minutes plus tard, mais parvint, cette fois à retrouver son équilibre sans trop de mal.

 

            « Potter, arrête-toi, tu n’en peut plus… ! lança Lily. Les araignées semblent avoir renoncé à nous avoir comme dîner… ! »

 

            Visiblement éreinté, il repassa au trot, puis au pas, le souffle court, sa robe rougeâtre blanche de sueur… tout en gardant cependant ses sens aux aguets. Ils finirent par apercevoir les lumières de Poudlard à travers les arbres, mais James ne s’arrêta qu’une fois à la lisère de la forêt. Là, Lily se décida à quitter le dos de l’animal qui, disparu aussitôt dans un autre petit claquement, laissant place à un James Potter à l’air passablement fatigué mais qui souriait, l’ait satisfait tout en enlevant ses lunettes pour se frotter les yeux.

 

            Mais, Lily, désormais parfaitement maîtresse d’elle-même et de ses réflexions, le gifla brutalement. Sous le choc, les lunettes de l’adolescent lui échappèrent et tombèrent sur le sol.

 

            «- Eh, mais ça va pas chez toi, Evans, ou quoi ? Faut te faire soigner… ! s’écria James, la main sur la joue.

 

             - Ne refait plus jamais ça, Potter… ! Ne refait plus jamais un coup comme celui que tu as fait… ! Mais, pourquoi je te dis ça alors que c’est la dernière fois que je fais un truc avec toi… ? J’ai eu la peur de ma vie !

 

             - Mais de quoi tu parles, là… ? rétorqua James, haussant un sourcil, frottant toujours sa joue rougie.

 

             - De ce que tu as fait…, de sauter par dessus ces… ces monstres… ! On aurait pu être tués… ! Et si ça avait raté… ?

 

             - Mais on s’en est sortit, autant que je le sache… ! Et, au lieu de me remercier pour t’avoir sauvé la vie, tu me gifles… ! Ca fait toujours plaisir… ! » marmonna-t-il, tout en se penchant pour ramasser ses lunettes qu’il trouva rapidement et en les remettant.

 

Lily ne put s’empêcher de sourire devant sa mine ronchonne et, l’espace d’une seconde, elle songea qu’il était mignon comme ça…, mais elle se hâta de se reprendre, se giflant mentalement pour avoir laisser une telle pensée s’immiscer dans son esprit.

 

« Désolée… ! C’est un réflexe… ! Mais mets-toi à ma place aussi, j’ai eu une peur bleue quand tu as sauté par dessus… ! »

 

Elle s’interrompit en voyant James grimacer.

 

«- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?

 

 - C’est rien ! C’est juste mes lunettes qui… ! »

 

            Il ôta ses lunette et les observa, les yeux plissés. Lily prit conscience de l’état des lunette de l’adolescent, dont un des verres s’était fendu sur le coup, lorsqu’elles étaient tombées.

 

            «- Génial… ! grommela-t-il. Il manquait plus que ça… !

 

             - Donne, je vais te réparer ça… ! lança-t-elle, un peu exaspéré du fait qu’il faisait tout un plat pour pas grand chose alors qu’un simple sort basique suffisait, en s’emparant de la paire de lunette. Oculus reparo ! Voilà, elles sont comme neuves… ! » conclut-elle.

 

            James l’observa avec étonnement, sans esquisser le moindre geste vers l’objet qu’elle lui tendait.

 

            «- Merci… ! commença-t-il. Je n’y avais pas pensé… !

 

             - Ah bon, parce que ça t’arrive de penser ? » ironisa-t-elle.

 

            Elle regretta aussitôt ses propos. Il se renfrogna.

 

            « Elles n’étaient pas sensées pouvoir se casser… ! rétorqua-t-il. Ma mère les avait soumises à un sort, exprès… ! Alors, j’avais pas envisagé que… ! »

 

            Il se tut, rencontrant son regard. Lily éprouva une curieuse torsion au creux de l’estomac… ! Sans ses lunettes, il avait vraiment des yeux superbes…, d’un bleu profond, mais étrangement nuancé, allant du bleu le plus sombre, à une teinte rappelant vaguement celle des eaux turquoises des îles paradisiaques, par endroit, au grés de la lueur changeante de l’astre nocturne.

 

            «- Potter… ?

 

 - Hum… ?

 

             - Tu… ! »

 

            Elle s’interrompit, mal à l’aise. Avait-elle vraiment envisagée de lui dire qu’il avait des yeux magnifiques ? Mais elle était comme envoûtée par ses yeux, incapable de s’en détacher… ! Tous deux n’étaient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre… !

 

            Le cœur de la jeune fille battait de façon inquiétante dans sa poitrine et ses pensées étaient comme anesthésiées et reléguées au second plan. Le temps semblait s’être figé et le monde aurait très bien pu sombrer dans le chaos le plus absolu que ça n’aurait eu que peu d’importance ! Plus rien ne comptait, à part les deux yeux bleu foncé dans lesquelles elle ne demandait qu’à se plonger… ! Irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, tous deux s’étaient considérablement rapprochés, se retrouvant, à présent, presque nez contre nez, lorsqu’un craquement, en provenance de la forêt, ramena Lily à la réalité.

 

            Elle recula précipitamment, embarrassée, tout en songeant qu’elle avait faillit embrasser Potter qui, d’ailleurs, affichait une expression intraduisible … !

 

            «- Tes lunettes… ! lança-t-elle, le feu aux joues, en  les lui mettant vivement sur le nez.

 

             - Euh, merci… ! » répondit-il, l’air troublé.

 

            Il y eut un long moment de silence tendu, les deux adolescents étant visiblement aussi gênés l’un que l’autre.

 

            « On…, on ferait mieux de rentrer… ! » suggéra finalement James.

 

            Elle acquiesça silencieusement. Et, joignant le geste à la parole, tous deux partirent, sans un mot, vers le château.

 

            « Au fait, Potter… ! Tu peux compter sur moi… pour garder ton… secret ! »

 

            Il acquiesça d’un signe de tête, à son tour.

 

            «- Merci, Evans… ! répéta-t-il.

 

             - C’est normal… ! Après tout, je dois bien admettre que tu m’as quand même sauvé la vie, tout à l’heure, d’une certaine façon… ! Alors, je te dois bien ça… !

 

             - Hum ! »

 

            Tous deux regagnèrent donc leur salle commune, déserte à cette heure, sans rencontrer qui que ce soit, et ils s’arrêtèrent près des escaliers.

 

            «- Bon, ben, je vais aller me coucher… ! Avant que les filles ne se rendent compte de mon absence… ! Elles doivent dormir, à cette heure, mais sait-on jamais… !

 

             - Hum… ! Bonne nuit, Evans… !

 

             - Toi aussi, Potter… ! » marmonna-t-elle, avant de s’engager dans l’escalier menant à son dortoir.

 

            Elle se ravisa soudain et revint vers lui, en s’arrêtant au pied de l’escalier.

 

            «- Potter… !

 

             - Hum… ? répliqua ce dernier, en se retournant vers elle.

 

             - Je… ! Bonne nuit… ! » lâcha-t-elle, avant de repartir précipitamment, tout en songeant que, après les évènements de la forêt, elle allait avoir bien du mal à fermer l’œil, sans voir James glisser la main dans sa poche, en sortir les quelques Larmes de lune qu’ils avaient ramassés puis quitter la Tour de Gryffondor.

 

            Elle se glissa discrètement dans son dortoir, se changea rapidement et gagna son lit, où elle resta, les mains derrière la tête, fixant distraitement le plafond, perdue dans ses pensées. Etrangement, ce n’était pas la terrifiante course-poursuite qui lui vint à l’esprit, mais ce qui s’était passé juste après… ! Elle avait faillit embrasser Potter… ! James Potter, le garçon qu’elle supportait le moins dans toute l’école, en dehors des Serpentard… ! Et pourtant, ils avaient vraiment faillit le faire et elle n’était pas passée loin de lui dire qu’il avait des yeux superbes… ! Mais c’était surtout le souvenir de ses lèvres, à quelques centimètres des siennes qui la perturbait… ! Elle en venait même à regretter de ne pas l’avoir fait… ! Elle rougit violemment à cette pensée, soulagée que personne ne puisse la voir… ! Voilà qu’elle recommençait à penser à ça… ! Mais pourquoi ? Pourquoi ? Et la curieuse torsion qu’elle avait ressentit au creux de l’estomac… !

 

            « Oh, c’est pas vrai… !!! grogna-t-elle, en se retournant et en enfouissant son visage dans son oreiller. Moi, tomber amoureuse de Potter… ? Il ne manquerait plus que ça… ! JE NE L’AIME PAS ! »

 

            Et pourtant, une petite voix lui soufflait le contraire…

 

            « Je ne l’aime pas… ! Je ne l’aime pas… ! Je ne l’aime pas ! » se répéta-t-elle, mentalement.

 

            Alors pourquoi t’es-tu sentie obligée de faire ce que tu as fait, hier soir ?” lui rappela sournoisement sa conscience, la coupant nette dans son élan.

 

            Oui, pourquoi avait-elle fait ça ? Elle repensa alors à ce qui s’était passé la veille.

 

* * * * *

 

<flash back>

 

            « Deux mille cinq cent, Deux mille cinq cent un, Deux mille cinq cent deux… ! Argh, fichus moutons… ! grogna-t-elle, exaspérée. Qu’on me donne un fusil et j’abat le prochain de ces stupides ovidés qui ne trouvent rien de mieux à faire qu’à sauter des barrières… ! »

 

            Elle était bien partie pour se faire une nuit blanche… ! Elle soupira, agacée, allongée sur le dos tout en fixant distraitement le plafond. Elle avait passé les dernières heures à se tourner et se retourner inlassablement dans son lit, incapable de trouver le sommeil, tout en énumérant, patiemment, les traditionnels moutons moldus… ! En vain… ! Il y avait des nuits, comme celle-ci, où elle ne parvenait pas à fermer l’œil ne serai-ce qu’une seule seconde !

 

            Elle tendit l’oreille, mais le silence du dortoir n’était brisé que par la respiration régulière de ses camarades… ! Elles, au moins, elles parvenaient à dormir… ! Elle soupira à nouveau… et jeta un coup d’œil à sa montre qui indiquait cinq heures dix du matin.

 

            « Bon, c’est pas en restant là que j’arriverai à dormir… ! » marmonna-t-elle.

 

            Sur ces mots, elle quitta son lit, attrapa le livre “Sorts et enchantements anciens ou oubliés” qui se trouvait sur sa table de chevet et s’emmitoufla dans sa robe de chambre avant de se diriger, le plus discrètement possible, vers la sortie. Prenant bien soin de ne pas faire grincer la porte du dortoir ni les marches de l’escalier, elle gagna la Salle Commune, déserte à cette heure… !

 

Du moins, le croyait-elle car, à peine avait-elle fait un pas dans la pièce qu’elle aperçue, à la lueur déclinante du feu qui brûlait encore dans la cheminée, une silhouette installée dans un des fauteuil, les flammes du brasier venant se refléter sur les lunettes qu’il portait…

 

« Potter… ! grogna-t-elle, en l’identifiant rapidement. Mais qu’est-ce qu’il fiche ici à cette heure, et seul ? »

 

Elle hésita un instant sur la conduite à tenir… ! Elle n’était pas d’humeur à le supporter… ! Mais, curieusement, il ne semblait même pas s’être rendu compte de sa présence… !

 

Intrigué, elle s’approcha du fauteuil qu’il occupait près de la cheminée, pour constater qu’il dormait profondément, un livre sur les genoux…

 

« Mais c’est qu’il est mimi comme tout quand il dort, lui… ! » se moqua-t-elle.

 

Elle eut un sourire mauvais alors qu’elle envisageait de le réveiller, mais elle se ravisa presque aussitôt, en découvrant le livre qui traînait sur ses genoux… ! Visiblement, il s’était endormi durant sa lecture… ! Potter ? Lire ? C’étaient deux facteurs qui n’entraient pas souvent dans la même équation…

 

A présent, elle était suffisamment près de lui pour se faire, avec précision, une idée de ce qu’il lisait.

 

« Un livre sur les serpents ? s’étonna-t-elle. Pourquoi s’intéresse-t-il tant, tout d’un coup, aux serpents ? »

 

Une bûche glissa soudain dans la cheminée, la faisant sursauter. Elle se reprit rapidement, pour constater que James, lui, dormait toujours…, visiblement peu gêné par le bruit… ! Alors qu’elle l’observait, il bougea soudain dans son sommeil, tout en marmonnant quelques mots incompréhensibles, manquant de faire tomber le livre de ses genoux. Mais Lily, instinctivement, se hâta de rattraper l’objet, marquant avec un de ses doigts la page à laquelle il s’était arrêté. Plus par habitude qu’autre chose, elle prit l’un des marques pages (elle en avait toujours au moins deux, pour le cas où elle trouverait un passage particulièrement important et qui mériterait une nouvelle lecture plus approfondie) qui se trouvait dans son propre livre et le glissa entre les pages du livre sur les serpents qu’elle déposa sur une petite table près du fauteuil, avant de reporter, machinalement, son attention sur l’adolescent. Celui-ci, la bouche légèrement entrouverte, les lunettes de travers sur son nez, les flammes qui brûlaient dans l’âtre venant apporter des reflets orangés aux cheveux en bataille d’un noir de jais de l’adolescent, dormait tranquillement… !

 

Bien que, tout à l’heure, elle avait voulu être ironique en disant qu’il était “mimi” dans son sommeil, elle était bien obligée d’admettre qu’il était VRAIMENT mignon dans son sommeil… !

 

« Non, il n’est pas mignon ! se houspilla-t-elle. C’est Potter… ! Et Potter est tout sauf mignon ! »

 

Pourtant, elle ne parvenait pas à détacher son regard du garçon, qu’elle ne pouvait s’empêcher de trouver touchant, tout en se demandant, quelque peu amusée, comment il faisait pour dormir avec ses lunettes sans que ça ne le gêne… !

 

Machinalement, elle tendit la main vers les branches de l’objet qu’elle enleva précautionneusement, prenant bien soin de ne pas toucher le visage de l’adolescent, avant de déposer l’objet en question sur le livre qu’il lisait visiblement avant de s’endormir. Mais l’idée de le réveiller pour l’embêter lui revint alors à l’esprit…, avant qu’elle ne se rappelle qu’elle ne voulait, justement pas à avoir à lui adresser la parole, ce qui arriverait immanquablement si elle le réveillait… ! Mieux valait le laisser dormir là où il était… ! Elle soupira puis, d’un sort, elle fit apparaître une couverture qu’elle déposa, avec soin, sur le garçon endormi….

 

Elle eut un léger sourire en l’observant. Comme ça, il paraissait presque sympa…, et… “vulnérable” ! Oui, le fait de le voir, comme ça, si profondément endormi et sans lunettes, le faisait paraître plus… fragile ! Mais, en y réfléchissant, comme ça, à première vue, il paraissait sympa…, mais dès qu’il ouvrait la bouche… !!! C’était autre chose… !

 

Enfin, ça n’avait pas d’importance… ! Elle soupira, secoua la tête puis gagna un autre fauteuil, à bonne distance du Préfet-en-Chef de Gryffondor, mais tout en restant à proximité du feu et raviva le brasier, avant de se plonger dans sa lecture.

 

<fin du flash back>

 

* * * * *

 

            Durant les deux heures qu’elle avait passée, dans la Salle Commune, à parcourir son livre, Potter n’avait pratiquement pas bougé dans son sommeil ! Il aurait presque pu être mort qu’on n’y aurait vu aucune différence… !

 

            Quoi qu’il en soit, maintenant qu’elle y repensait, elle se demandait ce qui avait bien pu lui passer par la tête de s’occuper du bien-être de Potter… ! Enfin, peut-être (et même sûrement) était-ce ainsi un moyen de lui rendre la pareille pour la fois où il était resté à la réconforter, durant son bref séjour chez les Potter… ! Au moins, ainsi, ils étaient quitte !

 

            « Arrête de te voiler la face ! » persifla sa conscience.

 

            Curieusement, elle ne chercha pas à répliquer, obnubilée par ce souvenir de Potter et elle, si proches l’un de l’autre… Ce n’était pas James Potter le Maraudeur qu’elle avait eu face à elle à ce moment-là mais je James Potter qu’elle avait découvert durant les vacances… Pas le Potter grotesque et pathétique mais le Potter sérieux et responsable… La facette de l’adolescent qui expliquait pourquoi il avait été nommé Préfet puis Préfet-en-Chef… Une part de lui qu’elle avait, depuis longtemps, pressentie mais dont elle n’avait jamais vraiment pris conscience jusqu’à présent… ! Mais après ce qui s’était passé à la lisière de la Forêt Interdite… !

 

            A sa plus grande surprise, elle en venait, à présent, presque à regretter qu’ils ne soient pas allés au bout de leur intention première…

 

            Elle soupira… la nuit allait être TRES longue…

 

 

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